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MISSION
- Promouvoir la pratique du volleyball et du volleyball de plage
- Développer l’excellence en volleyball et en volleyball de plage
- Former les intervenants en volleyball et en volleyball de plage

L’apprentissage du volleyball chez les jeunes de 11 et 12 ans

Auteur : Mathieu Poirier

Bonjour,

Depuis maintenant plusieurs années, Volleyball Québec fait beaucoup d’effort afin de faire découvrir et faciliter l’apprentissage du minivolley chez les jeunes d’âge primaire. Chaque saison, une portion négligeable d’enseignants d’écoles primaires et d’entraineurs que je rencontre me dit qu’elle réussit à faire du « vrai » volleyball avec ses jeunes de 11-12 ans. Ce fait m’a donc inspiré la diffusion de ce texte.

Bonne lecture!

Petit historique sur la réalité du volleyball au primaire avant et au début des années 1980 au Québec

Alors que le minivolley n’existait pas, les intervenants passionnés de volleyball à 6 contre 6 ont toujours essayé de faire du « vrai » volleyball avec les sportifs de 11-12 ans. Résultat : le volleyball à cet âge n’était pratiqué que par une infime partie des jeunes du primaire en raison de la grande difficulté technique du sport et de la méconnaissance de l’adaptation de l’enseignement à apporter pour cette catégorie d’apprenant. Encore aujourd’hui, nous retrouvons la même difficulté dans bien des cours d’éducation physique du secondaire, mais à un taux différent, tandis que le minivolley est maintenant chose commune dans le milieu éducationnel du primaire.

Le minivolley, comme on le connaît aujourd’hui (le deuxième contact attrapé, terrain de badminton, ballon plus léger et trois contacts obligatoires), a été inventé au tournant des années 1980 par M. Gilles Lépine et un groupe d’enseignants de la région de Québec. Le but était de rendre le volleyball plus accessible aux débutants.

Ce moyen d’action s’est alors propagé dans les cours d’éducation physique de la province. Auparavant, le taux de succès, de plaisir et de longs échanges étaient médiocres (sauf à quelques exceptions). Depuis, nous pouvons nous rendre à l’évidence que la pratique du minivolley a augmenté de façon incroyable dans les écoles du Québec (ex : 2017 = plus de 240  institutions scolaires d’un peu partout en province [25 000 élèves] ont adhéré à un simple concours de Volleyball Québec sur le minivolley. Ceci est sans compter les nombreuses écoles qui ne se sont pas inscrites, mais qui utilisent le minivolley fréquemment). Depuis ce temps, le mouvement « attraper-lancer » utilisé sur le deuxième contact a même été repris à plusieurs endroits à travers le monde.

Tout est possible

Comme certains spécialistes le croient, nous pensons également qu’avec les bons intervenants, il est possible d’arriver à faire du volleyball 6 contre 6 au troisième cycle du primaire. De ce fait, un peu comme il y en avait avant les années 1980, plusieurs joueurs (équipes) participent chaque année à nos différente compétitions. Ces intervenants possèdent, pour la plupart, plusieurs grandes qualités en plus de leurs connaissances du volleyball. Ils sont excellents, entre autres, pour leur communication, dynamisme et leadership. Ils ont aussi du charisme et de l’entregent avec les jeunes. Toutes ces qualités aident les jeunes à persévérer malgré la difficulté des tâches techniques à accomplir.

Cependant, il est faux de croire que, parce que certains de ces entraineurs d’exception y arrivent, cela devrait devenir la marche à suivre pour le restant de la population de la province.

À quel prix les entraineurs arrivent-ils à faire du volleyball à 6 contre 6 avec des jeunes du primaire?

Nous sommes d’avis qu’avec une progression adéquate, l’apprentissage du sport est généralement facilité chez l’athlète. Comparativement à l’enseignement du volleyball à 6 contre 6, l’apprentissage du minivolley se fait avec un niveau élevé de succès et de plaisir dans chacune des actions du joueur. Ces derniers peuvent donc arriver au même point, soit jouer au volleyball à 6 contre 6 au secondaire, mais en ayant eu beaucoup plus de facilité à apprendre les différents aspects (touche, manchette, jeu d’équipe, etc.) et en ayant eu beaucoup de plaisir, en raison du plus haut taux de succès engendré par ces bonnes étapes d’apprentissages. Le plaisir et le succès étant intimement liés (encore plus à cet âge), ceux-ci donnent la motivation ainsi que la confiance en soi nécessaire au joueur pour continuer son implication dans le sport. La progression se fait donc plus harmonieusement et permet qu’un plus grand nombre d’entre eux conserve cette passion et passe la saison avec « le sourire au visage ».

Comme la très grande majorité des enseignants du primaire et des entraineurs ne sont pas le genre d’intervenant possédant l’ensemble de ces qualités nécessaires pour cette clientèle très jeune (il y a plus de 2 100 écoles primaires au Québec et quelques entraineurs œuvrant avec ces jeunes), nous favorisons l’apprentissage du minivolley et du minivolley modifié selon un certain ordre logique pour débuter l’initiation du volleyball (ex. : le smashball, 1×1, 2×2 « face à face », 3×3, 2×2 « côté-côté » et 4×4). Cette façon d’aborder le sport va dans la même ligne de pensée du DLTA, où la spécialisation n’est pas une urgence.

Le volleyball n’est pas unique

De plus en plus de sports ont compris qu’afin de mieux préparer les futurs athlètes, il n’était pas nécessaire d’appliquer le modèle du sport « d’adulte » ou « du vrai sport » à des enfants. (Ex. : L’apprentissage de la mise en échec au hockey n’est pas pertinent lorsque le joueur est âgé de huit ans, contrairement à l’apprentissage des habiletés de manipulation et l’utilisation d’une moitié de la glace.) De nos jours, presque tous les sports ont adapté leur enseignement afin de le rendre accessible aux plus jeunes (ex : tennis progressif, flag ou « touch-football », programme Rally-cap au baseball, etc.). Le minivolley s’inscrit dans cette lignée valorisée un peu partout.

Pourquoi utiliser les trois contacts obligatoires à cet âge?

La très vaste majorité des intervenants de cette clientèle d’âge primaire, à qui j’ai parlé de la règle des trois contacts, est unanime avec notre vision d’exiger que les trois contacts soient obligatoires en minivolley.

Il est clair qu’éventuellement, la meilleure façon de marquer un point au volleyball est de terminer par une action offensive sur le troisième contact (smash, « tipp » et placement). En obligeant dès le plus jeune âge les trois contacts, nous sensibilisons les jeunes à travailler sur la qualité de la réception et surtout sur la passe. Ces atouts seront profitables au geste d’attaque pour le joueur lorsqu’il arrivera à un calibre où la récupération d’un premier ou deuxième contact deviendra facile pour l’équipe adverse. En permettant que le ballon traverse sur le premier et deuxième contact, beaucoup d’éléments en lien avec la construction d’attaque ne sont pas travaillés. En plus, cela augmente les chances que l’échange se termine plus tôt, ce qui est contraire à ce que nous souhaitons pour cette catégorie d’âge.

De plus, avec le deuxième contact attrapé, il n’arrive qu’à quelques occasions par partie qu’un ballon traverse le filet trop tôt. En comparant les avantages de travailler la construction d’attaque face aux quelques points perdus par le non-respect de la règle des trois contacts, il est beaucoup plus avantageux pour le développement des joueurs de travailler ainsi.